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Le fiasco...

Elle sourit dans la salle de bain. Aujourd'hui, elle a une nouvelle coupe. Elle a enfin l'impression d'être belle. Elle se recoiffe et enfile sa jolie robe achetée une heure plus tôt. Elle prend le temps pour se maquiller. Elle ose. Elle sort ce soir, elle veut en profiter, voir sa robe tournoyer, son visage s'illuminer. Elle est prête, elle enfile son manteau et se faufile dans la nuit..Le bus arrive rapidement, il est presque vide. Elle s'installe au fond, colle sa tête à la fenêtre et pense à ce soir. Elle efface tous ses malheurs de sa tête. Elle se dit que pour une fois, elle a droit de ne pas penser à eux. Elle n'en aura pas le temps car tout va s'enchaîner vite. Comme dans les films ou les séries où quand des filles se rencontrent, elles parlent, rient, s'amusent ...
Une fois la soirée en place, elle sent en elle un profond malaise s'installer. Comme si rien de tout cela était réel. Elle observe, elle pense. Elle ne dit pas grand chose. Elle se sent ailleurs. Elle n'est pas à la soirée qu'elle avait imaginé. Elle sent ses démons revenir petit à petit. Ses yeux sont parfois remplis de larmes. Elle se retient, elle ne veut pas gâcher sa soirée. Elle tente de se persuader qu'après, ça sera mieux. La soirée continue, l'heure tourne. La nuit l'effraie. Elle savait qu'elle n'aurait pas du venir à cette période. D'autant plus qu'elle est en crise. Mais elle voulait juste s'aérer. Bouger. Etre avec des ... amies. Alors elle se force à tout cacher. Ca ne doit pas se voir. Elle sait déjà quelle sera l'issue, la crise l'emporte toujours sur elle. Et ça arrive plus vite que prévu. Elle part. Elle les sent derrière elle. Elle pleure en pensant à ce qu'elle rate, mais surtout à ce qui l'attend chez elle. Elle s'arrête, se retourne, les regarde. Il est trop tard, elle ne peut plus faire demi-tour. Elle s'engouffre dans le métro, pleurant. On la regarde. On rit. Elle chope le premier metro. Elle se trompe d'arrêt, elle est complètement paumée. Là, elle se retrouve seule, le visage mouillé, dans une station de métro glaciale. Et quand elle voit ce mec arriver, elle sait qu'il va l'aborder. Elle ne peut pas fuir, elle doit le supporter jusqu'au dernier métro qui tarde à arriver. Il s'approche, elle ne dit rien, ne lui répond pas. Elle a peur, il pue l'alcool. 15 minutes plus tard, elle monte dans le métro, dernier wagon, loin de lui. L'air frais du retour lui fait du bien. Elle réalise tout ce qui vient de se passer. Elle sait que plus rien ne sera comme avant. Elle hurle après elle-même, ou plutôt après sa putain de maladie qu'elle ne maîtrise pas. Tout doit se finir. Elle ne se déshabille pas, elle veut être belle pour son dernier souffle. Elle fouille dans ses cachettes. Elle met tout sur son lit, et commence à tout avaler, un à un. Elle ne fait que pleurer. Il n'y a aucun effet sur elle. Elle ne fait que penser à une personne. Mais elle est seule, il n'y a personne. Les heures passent, personne ne la rappelle. Elle s'inquiète même pour elles. Et puis, elle finit par avaler la dose assez forte. Elle dort jusqu'au soir. Mais le réveil est on ne peut plus douloureux. Elle repense à la veille. Elle pleure à nouveau. Il faut qu'elle arrête tout. Elle est trop bouffée par sa maladie que personne ne comprend. Elle ne veut plus être un problème, un poids pour personne. Elle sait que personne ne restera.



ça va faire 6 mois .......................................................
Le fiasco...

# Posté le vendredi 22 février 2008 06:31

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