Bienvenue.

Bienvenue.
Elle attendait ce moment là depuis presque 9 mois. Du haut de ses 3 ans et demi, elle l'avait tout de suite senti. Sa maman avait beau changer de pièce quand elle en parlait au téléphone, elle le savait. Ce ne fut pas une surprise quand ses parents lui apprirent la nouvelle. "Ben zle sais", s'est-elle contenté de dire. Alors rien ne présageait que la suite se passerait si mal. Les nuits blanches à pleurer, pour réclamer de l'attention. Les caprices en plein zoo, pour qu'on la porte. Les crises de panique quand la maman sort de son champ de vision. Elle qui jouait si souvent à la poupée, pourquoi allait-elle lui mettre les doigts dans les yeux pour le faire pleurer ? Pourquoi lui donnerait-elle des petites tapes sur la tête, alors qu'on lui a justement dit que la tête d'un bébé, c'est fragile ? Aucune réponse. Elle s'est juste sentie délaissée. L'attention n'était plus portée que sur elle. Il y avait cette chose nouvelle qui gesticulait dans un berceau, vomissait, pleurait, chiait, puait et prenait tout le temps de ses parents.
Et pourtant elle attendait ce moment là depuis presque 9 mois. Du haut de ses 3 ans et demi, elle allait devenir grande soeur. On lui avait dit. Et on lui avait promis un cadeau. Elle attendait ce moment là depuis presque 9 mois. Ce jour où on lui a dit que son petit frère était né, elle a pris la main de son papa. Avec un immense sourire d'enfant heureuse, elle lui a dit : "amène moi au magasin". Les voilà tous deux partis dans un immense magasin de jouets. La petite fille se croit au paradis. Elle court dans les rayons avec légéreté. Elle doit choisir. Parmi tous les jouets. Et là, son regard se pose sur le rayon des Petits Malins. Son sourire malicieux accroché à son visage, elle tend les bras vers la calèche des Petits Malins. Pour la première fois de sa vie, parce qu'un petit frère est né, elle a droit à des Petits Malins. Une fois sortis du magasin, ils vont voir le bébé. La jeune grande soeur, en entrant dans sa chambre, se précipite vers sa maman qui a enfin perdu cet énorme ventre. Elle veut qu'elle la regarde, elle et sa calèche. Et puis, après un furtif regard, elle se renseigne sur la chose qui dort dans un lit en plastique. Il porte bien le prénom qu'elle a choisi. Jusque là tout va bien. Ok, elle veut bien prendre des photos avec son nouveau petit frère. Bienvenue dans notre monde, frangin =)
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# Posté le lundi 28 janvier 2008 19:27

Avenir de ce blog ?

Il faut que je change d'adresse. Je n'ai plus envie que des personnes qui ont eu cette adresse un jour puissent continuer à me lire. L'hypocrisie me fatigue et le fait d'avoir relu certains sms de certaines personnes qui ont accès à ce blog me répugne encore plus d'elles. Mais ça ne me plait pas de devoir déménager comme ça et de laisser derrière moi une partie de ma vie, de mon histoire. Mais j'ai l'impression qu'elle est salie par le simple fait que ces personnes puissent la lire. Alors, quand j'aurai trouvé l'endroit où refaire un nid, je tirerai ma révérence, sans laisser d'adresse.

# Posté le dimanche 27 janvier 2008 11:55

Echec.

Echec.
C'est l'histoire d'une pomme qui en a marre d'être prise pour une poire. Une bonne poire, certes.
Elle ne veut plus se couper en quartier, pour arranger le reste de la corbeille de fruit.
Elle veut elle aussi un peu de respect, qu'on retire sa peau avec délicatesse.
A la place, elle se laisse bouffer, pas des dents pointues, sans aucun remord.
Les nerfs en compote, elle regarde les autres, qui eux sont beaucoup plus forts qu'elles.
Ceux qui décident pour elle. Pas des bananes. Plutôt des pêches. Ou des oranges.
A l'intérieur, elle est rongée par les vers. Elle commence à pourrir.
Elle est las. Fade. Elle n'a plus envie de se battre. Elle a été vidé de sa chair.
Elle se laisse faire, on la moule à sa façon, dans un plat à tartre.
Pauvre pomme.

# Posté le vendredi 25 janvier 2008 19:01

Crash.

Crash.







C'est un rituel pour cette famille. Tous les dimanches, le papa part pour un long tour en vélo le long de la Moselle. Avec un ami, ils partent. Pendant ce temps, sa femme jardine ou cuisine. Ses enfants jouent dans le jardin ou dans leur chambre. Il rentre toujours pour l'heure du repas. Un verre d'apéro avec l'ami. Et la famille passe à table.
Ce jour là, il est en retard. Sa femme peste. Il s'est encore arrêté quelque part sans prévenir. A l'époque, les portables n'existaient pas. Alors elle fait déjeuner ses enfants, et elle attend. A 13 heures, elle les envoie jouer dans le jardin. Le petit va à la sieste au bout d'un quart d'heure. L'aînée joue au toboggan. Elle n'entend pas le téléphone sonner. Elle ne voit pas sa mère devenir blanche, faiblir, pleurer. Elle ne comprend pas toute l'agitation qu'il y a autour d'elle. Elle voit sa mère qui appelle la voisine, depuis le grillage. La panique s'installe. Elle se sent soulevée du toboggan par sa mère qui la fait passer dans le jardin voisin. Elle pense au petit frère qui dort dans la chambre. On lui dit qu'ils iront le chercher quand il sera réveillé. Elle sent sa mère la serrer fort. Et partir. Elle dit juste. "Papa a eu un accident".
Tout le monde est gentil autour d'elle. La voisine lui donne un goûter, des bonbons à volonté. Sa fille lui fait une couette. Tout le quartier déboule et demande des nouvelles. Les yeux rivés sur le téléphone, la voisine s'affole. Et la petite fille, elle, ne comprend toujours pas ce qu'il se passe. Elle veut sa maman. Elle veut son papa, surtout. Et là, il y a ce garçon qui s'approche d'elle. Il s'appelle Kevin. C'est son voisin. Il a 1 an de moins qu'elle. Et il l'aime. Pas elle, non. Il la regarde et il lui dit. "Ne t'en fais pas, si ton papa est mort, on t'adoptera nous". Elle pleure.




J'ai eu si peur de revivre ça aujourd'hui.
Car je tiens à toi.
Même si on se connait depuis
si peu de temps.
Je t'aime. Malgré tout.



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# Posté le vendredi 25 janvier 2008 17:18

Modifié le vendredi 25 janvier 2008 18:38

La chute

Il y avait un super temps de mois de mai ce jour là. Tout le monde dans son lycée avait sorti les tenues d'été. Parfois jusqu'à l'extrême, en sortant les tongs. Il y avait les garçons peu évolués qui s'amusaient à balancer de l'eau dans les décoletés des filles, elles criaient mais elles aimaient ça au fond, les catins.
C'est ce jour là que tout a commencé pour elle. Elle ne supportait pas ses gamineries. Alors elle a revu une ancienne amie. Elle a osé aller lui parler. Même si autour d'elle il y avait sa garde rapprochée. A sa grande surprise, elle a tout de suite été acceptée. C'était magique. Enfin elle revenait au lycée chaque jour sans cette peur au ventre. Elle les rejoignait, elle les trouvait sympas. Ils écoutaient du Saez, tout le temps. Elles s'écrivaient "Saezienne" un peu partout. Pas les mecs, d'ailleurs, en général, c'était eux qui écrivaient ça sur les filles. Elle aimait ça. Elle se laissait complètement aller. Elle se sentait cool. Elle se sentait quelqu'un d'autre. Elle oubliait ses soucis. Puis elle a appris pour son amie. Au début, elle a été choqué. Et puis, elle a fait comme tout le monde. Lors des premières soirées, c'était génial ! Elle découvrait enfin ce que ça voulait dire d'être jeune [et con]. Elle devenait cool. Elle n'avait plus peur de chanter, un peu bourrée certes. Elle n'avait plus peur de s'exhiber. C'était une délivrance pour elle. Tout allait vite. Ils se disaient qu'ils s'aimaient, à tout va. Même celles qu'elle aimait pas avant étaient aujourd'hui ses meilleures amies. A la vie à la mort. Elle ne se rendait pas compte que tout ceci n'était qu'artificiel. Qu'elle était leur amie, parce qu'elle était devenue comme eux. Que ce n'étaient pas eux ses véritables amis. Que cette journée de mai, si belle, allait la conduire à 3 ans d'enfer. Que sa véritable amie s'appellait *D*R*O*G*U*E*







La chute
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# Posté le jeudi 24 janvier 2008 18:51